Soft skills et hard skills : l’art de sublimer les compétences

Softskills ou l’art de sublimer les compétences techniques. Hard skills et soft skills !

Soft skills et hard skills : l’art de sublimer les compétences

Softskills et hardskills, la bataille de deux buzzwords ?

 

un softskill est une manière d’être dans un contexte précis dans le but de remplir un objectif mobilisant une compétence.

 

Softskills et hardskills, la bataille est rude entre ces deux buzzwords incontournables du champ lexical de l’entreprise. Souvent opposées, les compétences douces et les compétences techniques se révèlent pourtant étroitement liées. Selon Selim Saadi, directeur général de Karli Solutions, les softskills ont même le pouvoir de sublimer les hardskills et de donner du sens à une carrière. Interview.

 

Sibylle Pinochet Par Sibylle Pinochet – Widdobiz

 

Karli Solutions est une solution qui permet à des collaborateurs d’évaluer et de développer leurs softskills de manière personnalisée. Son directeur général, Selim Saadi, est aussi conférencier et intervient auprès d’entreprises et d’étudiants. Les softskills n’ont donc aucun secret pour lui. Qu’est-ce que les softskills ? Pourquoi font-ils tant parler d’eux ? Selim Saadi nous en dit plus sur ces compétences douces si indispensables à nos entreprises.

 

On oppose souvent les softskills aux hardskills, mais ne sont-ils pas liés ?

 

Selim Saadi : Le terme « softskills » se traduit littéralement par « compétences douces ». On entend aussi parler de savoir-être ou de compétences comportementales. C’est une manière d’être qui va venir sublimer les compétences métier ou technique. Aussi, selon moi, les softskills et les harskills vont de paire.

Ils sont indissociables parce qu’un softskill est une manière d’être dans un contexte précis dans le but de remplir un objectif mobilisant une compétence. Les softskills vont ainsi permettre de décliner à l’infinie un métier technique. Sans la mobilisation des compétences douces, celui-ci resterait toujours le même quelle que soit la personne qui l’exerce et en deviendrait presque robotisé.

 

On parle énormément des softskills en entreprise, pourquoi semblent-ils si indispensables aujourd’hui ?

 

S.S : C’est vrai que c’est une grande mode, c’est un peu devenu un buzz word, “hard skills et soft skills”. Mais ce n’est pas parce qu’on l’annonce qu’il est effectivement là. Au contraire, c’est quand on n’en parlera plus qu’on aura changé. On constate cependant bel et bien que la prise en compte des softskills devient chaque année plus obligatoire, sans pour autant que les entreprises fassent le nécessaire. Pourtant soft skills et hard skills sont indissociables.

Aujourd’hui, les compétences comportementales sont davantage prises au sérieux. Pourquoi ? Parce que deux forces entrent en action. Avec le digital, on assiste à une robotisation de certains métiers. Une automatisation qui se trouvait plutôt dans l’industrie mais qui touche aujourd’hui le secteur des services. Parallèlement, nous vivons dans un environnement de plus en plus incertain et qui évolue vite. En effet, la crise que nous traversons nous a fait changer nos référentiels de travail, de manière inattendue et très rapide. Or, les softskills représentent aussi la capacité de comprendre qui l’on est, comment on fonctionne et comment on peut se transformer soi-même pour mieux s’adapter à son environnement.

 

Quelle différence entre hard skills et soft skills, les softskills relèvent-ils de l’inné ou de l’acquis ? Est-il possible de les développer ?

 

S.S : À la base de tout il y a  un tempérament. C’est à dire une constitution biologique qui fait qu’on va avoir certaines prédispositions. Par exemple, quelqu’un qui a une bonne audition et une bonne vue va développer un sens de l’observation différent de celui qui n’entend et ne voit pas aussi bien. La personnalité se forge ainsi autour de ces prédispositions. Le tempérament fait ainsi partie de notre singularité et devient la base de qui nous sommes. Il est donc très difficile de le faire évoluer. Ce qui peut changer cependant, c’est le caractère, qui lui se forge sur l’expérience. C’est la manière dont on va utiliser cette base qui est notre tempérament, pour se développer, interagir avec son environnement, cheminer etc.

Donc oui, les compétences comportementales se travaillent. Certaines, liées au tempérament, seront plus fortes, plus ancrées plus naturelles. Celles qui ne le sont pas directement, peuvent se développer. Ce qui est intéressant, c’est que si on capitalise bien sur ses forces, ces softskills peuvent être développés très rapidement, car ils sont en lien direct avec notre tempérament. Mais tout cela va demandé une remise en question personnelle. C’est indispensable.

 

Quels softskills sont particulièrement recherchés par les entreprises aujourd’hui ?

 

S.S : Il y en a un qui est assez évident c’est la flexibilité et l’adaptabilité. L’empathie aussi, parce qu’elle est au cœur d’autres softskills comme l’écoute et la capacité de communiquer. D’autres compétences comportementale comme la créativité et l’innovation sont aussi très demandées car elles servent à beaucoup de choses.

Elles n’interviennent pas uniquement pour innover au niveau produit ou pour disrupter un marché. Elles permettent aussi de trouver des solutions à des problèmes du quotidien. Dans l’entreprise aujourd’hui, les collaborateurs ont besoin d’être capables de trouver des issues et des manières de faire face aux blocages qu’ils rencontrent.

 

Autre buzzword à la mode on entend aussi parlé des madskills. En quoi se distinguent-ils des softskills ?

 

S.S : Je dirais que les madskills sont plutôt liés à un trait de personnalité très prononcé et vraiment différenciant. Là on n’est vraiment plus sur de la compétence situationnelle mais sur de la compétence disruptive. C’est à dire que l’entreprise cherche quelqu’un qui dénote vraiment et qui a un petit grain de folie. Dans l’innovation, si vous voulez avoir des produits innovant il faut avoir des collaborateurs capables de sortir de la boite et qui sont même un peu zinzins.

Mais ça reste de vraies exceptions, parce que les process de recrutement en France sont encore très cadrés et très orientés compétence. Ce sont des choses qu’on pourra voir davantage dans des pays anglosaxons, et encore ça dépend du secteur. Soyons déjà prêts pour les softskills, ce sera déjà pas mal.

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